Zouhair à l’air libre

Zouhair à l’air libre (extrait)

JEUDI 20 NOVEMBRE 2003/PAR HABIBOU BANGRÉ

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Le créateur du site TUNeZINE libre. Son action s’appuie essentiellement sur la collecte de l’information censurée en Tunisie et la publication d’articles du droit à la liberté d’expression. Un organe indépendant.

Le journaliste tunisien Zouhair Yahyaoui a retrouvé la liberté après plus d’un an et demi de détention pour avoir critiqué le régime du Président Ben Ali. Il ressort très affaibli, mais conserve un moral d’acier.

Zouhair est sorti de prison très affaibli d’un combat qu’il aura ponctué de grèves de la faim, seul moyen à sa disposition pour faire entendre sa voix. L’arrestation arbitraire du journaliste, officiellement pour « propagation de fausses nouvelles » et « utilisation frauduleuse de moyen de communication », a fortement touché la communauté internationale.

Moral d’acier
Le cauchemar du journaliste a commencé le 4 juin 2002. Zouhair est arrêté par la police, presque un an après la création de son site. Le 10 juillet de cette même année, la cour d’appel de Tunis le condamne à deux ans de prison. Pourquoi? Pour avoir critiqué le régime du Président Ben Ali. Un courage qui déclenche la colère des autorités. II est enfermé dans une cellule très insalubre où il est privé de tout: de courrier, de lecture, de colis de nourriture et même de son journal intime.

Maigré toutes ces épreuves, son moral est resté intact. II a gardé son humour. Coupé pendant si longtemps de tout et de tous, Zouhair n’en a pas pour autant perdu le sens des réalités. II estime que, dans son malheur, il a eu de la chance et il recentre la discussion sur ceux qui sont encore en prison.

Forte mobilisation
L’histoire du « cyberdissident » Zouhair a ému la communauté internationale. Alors qu’il était derrière les barreaux, il a remporté le premier prix Cyberliberté Reporters s@ns frontières  – Globnet. Des internautes de tous les pays ont signé la pétition en ligne demandant sa libération.

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Le 14 janvier 2011, Sophie Piekarec, sa copine qui vit à Paris écrit sur Internet:

Je pense à Zouhair. Qu’il aura aimé de vivre ce moment-là! Où qu’il soit, j’espère qu’il pense que tout n’a pas été en vain. Presque 6 ans qu’il est mort d’une crise cardiaque. Je ne suis pas retourné en Tunisie, incapable de trouver le courage d’affronter de nouveau ce silence oppressant, cette police omniprésente, cette peur insinuée au fond de chacun.

Je voudrais qu’on pense à lui encore, connu par ce simple pseudonyme: “ettounsi”, “le Tunisien”.